Nous avons eu la chance d’aller visiter une ferme biologique de production maraîchère de chez nous : Les deux petits jardiniers. Ils ont pris le temps de nous partager la beauté de leur potager et  de nous expliquer qui ils sont et ce qu’ils font. Un véritable havre de paix où Anne et Sylvie nous ont accueillis pour répondre à nos questions. 





Maude : Les deux petits jardiniers c’est qui? 

Anne : C’est notre ferme familiale, dont le projet avait commencé avec ma mère, Sylvie. Puis son conjoint Alain s’y est mit aussi, puis ses deux filles, Dorothé et moi. 

De mon côté, j’ai toujours aimé le jardinage et la notion de culture responsable. J’ai travaillé plusieurs années dans les jardins communautaires, notamment au jardin communautaire MRC d’Argenteuil, en offrant de petites formations pour les enfants. C’est important pour moi que les futures générations soient capables de jardinier pour être autosuffisantes et se débrouillent dans la vie avec ce que la nature nous offre. J’ai également aidé une amie en Indonésie pour apprendre à des jeunes de là-bas comment faire leur propre petit jardin. Dans ce pays, ils ne cultivent pas vraiment, ils n'ont, pour la plupart, que du riz ou du curcuma. Notre but était de leur montrer comment diversifier leurs cultures. Comme le pays est assez pauvre, si chacun avait son petit jardin cela les aiderait grandement. Voyant bien que le jardinage était au centre de ma vie, cet hiver, j’ai commencé une reconnaissance des acquis au Cégep de Victoriaville en production maraîchère diversifiée et je travaille depuis maintenant deux ans ici sur le terrain  avec ma mère.

Ma mère Sylvie, quant à elle, est nutritionniste de formation. Elle a donc toujours eu à cœur l’alimentation saine et bien sûr, un petit penchant pour les légumes frais et biologiques. Le jardinage a été au centre de son enfance et celui-ci est devenu une véritable passion pour elle. C’est après la mort de mon père, qu’elle a décidé de mettre fin à sa carrière de nutritionniste et de lancer officiellement Les deux petits jardiniers. 

On pourrait donc dire que c’est grâce à ce triste évènement qu’un rêve s’est finalement réalisé! 

Il y a également ma sœur Dorothée qui s’occupe plus de la transformation, c'est-à-dire les sauces, les compotes et les confitures.

Et puis pour terminer, Alain aide grandement la compagnie en s’occupant de toute la comptabilité et la planification sur papier. En plus d’aider dans le jardin! 

 
M. : Pourquoi avoir lancé les deux petits jardiniers? 

A. : Au début c’était vraiment par passion pour le plaisir de jardinier et d’être autosuffisant, Et puis au fil du temps, c’est un projet qui ne cesse de grandir d’année en année.


M. : Les deux petits jardiniers c’est quoi ?

A. : Ici nous produisons des légumes frais et biologiques locaux que nous livrons à des particuliers. Notre système est assez simple, vous vous inscrivez à notre infolettre pour un certain montant, puis à chaque semaine, nous vous envoyons la liste de nos récoltes et puis nous vous les livrons. 

Nous essayons le plus possible d’être une entreprise zéro déchet, car l’environnement est au centre de nos préoccupations. Nous livrons dans des boîtes en plastique que les clients nous rendent à chaque fois. Ici, comme c’est de la culture biologique, nous avons un peu de machinerie mais toute la base est faite à la main : le désherbage et la récolte. 

Nous souhaitons être une entreprise de partage. Nous voulons partager nos produits, évidemment, mais surtout, un partage de nos connaissances sur la production maraîchère et sur l’alimentation. Il est important pour nous de transmettre le message qu’au final, tout le monde peut avoir un petit jardin chez soi. Nous ne cherchons pas le monopole, nous cherchons à rendre l'alimentation biologique accessible et de sensibiliser les gens à même vouloir le faire eux-même. Pour le bien de la planète et pour la santé de tout le monde au final. Car il n’y aurait rien de mieux pour la population que de manger seulement ce que l’on récolte et de respecter la terre qui nous nourrit. 


M. : Quelle est votre vision de l’agriculture?
A. : Le respect  de l'environnement, de la nature et de la santé des sols, c’est super important pour nous. Ce qui, au final, englobe la vision biologique dans l’agriculture. 

Nous faisons notre compostage et nous utilisons des géotextiles. Ce sont des tissus dans lesquels nous faisons des petits trous pour empêcher naturellement d’avoir des mauvaises herbes. Les géotextiles sont bons dix ans, et nous avons choisis ceux-ci pour éviter l’usage du plastique comme ceux que les  grosses ferment utilisent et qui sont pour la plupart des plastiques non décomposables. 

Pour les plastiques que nous utilisons, ils sont compostables à cent pourcent. C’est la première année que nous les essayons et ils se décomposent très bien jusqu’à présent. C’est simple de faire les bons choix, tout est disponible dans les magasins d’agriculture, les gens choisissent simplement l'option la moins dispendieuse et non la plus durable. 

M. : Est ce possible selon vous de se nourrir toute l’année avec des légumes locaux? 

A. : Je pense sincèrement que oui! Grâce à la vision nutritionniste de ma mère, je sais qu’on peut vivre sans carence avec des produits de culture responsable et d’ici. Par contre, il faut apprendre à changer nos habitudes alimentaires. Aujourd’hui, on n’a qu’à aller à l’épicerie et on peut avoir les fruits et légumes dont nous avons envie, et nous y sommes habitués. Une fois cette mentalité de côté, il est donc possible de manger local sans carence durant toute l’année.

Par exemple, tout ce qui est légumes racines, cela se conserve super longtemps, même les choux! Je viens juste de finir mes carottes de l’année dernière,mais il ne faut pas être dédaigneux. Il y a plusieurs options qui s’offrent à nous pour manger local toute l’année, par exemple, les conserves et la macération. Également, plusieurs grands chefs utilisent des trous souterrains pour garder la fraîcheur des légumes et les conserver plus longtemps. 

Il y a des serres qui aident aussi à varier les produits tout au long de l’année. Mais cela coûte cher. Je pense personnellement que cela devrait être un sujet à considérer de la part de notre gouvernement : investir dans la création de serres locales pour inciter les gens à consommer local et réduire notre empreinte environnementale.

 

M. : Quelle est  la vision d’avenir pour les deux jardiniers? 

A. : Il y aura toujours juste ici, cela est certain. Par contre, de mon côté, j’aimerais beaucoup faire affaire avec des chefs pour leur fournir des légumes plus variés et différents que ceux fournis par la majorité des gros fournisseurs agroalimentaires.


Nous pensons peut-être aussi à une petite épicerie de produits locaux, en mode zéro déchet. Probablement ici dans le coin de Mirabel. 

Et sinon, ce que l’on veut plus que tout pour l’avenir c’est de Profiter de la vie! 



Pour les contacter:

  • Page Facebook 
  • Adresse : 2675 chemin Lalande Mirabel, Québec, Canada J7N2Z3



Maude Desroches pour Joozia Canada

Étudiante en naturopathie